Psychologues : Tous ensemble le 10 juin

Depuis le 10 Juin 2021, les psychologues se sont fortement mobilisés, plusieurs fois, à Paris et en région.


Aujourd’hui, force est de constater que malgré un an de mobilisations régulières, aucune de nos revendications n’a été entendue. Alors aujourd’hui encore et plus que jamais, nous devons lutter contre les attaques répétées envers le soin psychique pour tous, la liberté des pratiques et le libre choix du praticien.


Les lois et dispositifs mis en place depuis deux ans déshumanisent la prise en charge de la souffrance psychique :

  • L’arrêté du 10 mars 2021 « relatif à la définition de l’expertise des psychologues » concernant les enfants de 0 à 7 ans, impose certaines méthodes de prise en charge, réduisant ainsi les difficultés des enfants à un problème neuro-développemental et fonctionnel qu’il faudrait corriger.
  • L’arrêté du 24 Décembre 2020, qui concerne le parcours de soin après le traitement d’un cancer, limite à 6 séances de psychothérapie par an le suivi psychologique du patient, également sur prescription du médecin. Le psychologue, qui jusqu’ici pouvait tenir compte de la singularité de chaque personne en souffrance, devrait suivre les recommandations dites « de bonnes pratiques » de l’HAS. Le patient devrait aller consulter en dehors des institutions pour limiter les dépenses de santé.
  • Le dispositif « MonPsy Santé », préconisé par le rapport de la cour des comptes en Février 2021 et contre lequel nous avions déjà lutté, impose :
    1. Un « adressage » par le médecin généraliste, sur la base d’un formulaire rempli par ce dernier
    2. Un nombre limité de séances (8 maximum). 8 supplémentaires, après un an, sur une nouvelle validation par le médecin, sur la base d’un compte-rendu effectué par le psychologue !
    3. Un thérapeute sélectionné via une « plateforme d’orientation ».

    Ces critères arbitraires constituent un cadre incompatible avec l’individualité des besoins, la temporalité psychique du patient, et la déontologie qui encadre le soin (rupture de la confidentialité, dénigrement des besoins individuels du patient).

    Ce dispositif, qui constitue la partie émergée de l’iceberg, a déjà fait la preuve de son manque d’efficacité et surtout de sa complexité administrative, ainsi que de la maltraitance qu’il impose au patient comme au psychologue (testé notamment en nouvelle aquitaine durant deux ans). Les plus précaires n’auront pas la qualité de soins qu’ils méritent, quand dans le même temps le service public du soin, censé les accompagner selon leurs besoins et sans contrainte de temps et de méthode, est réduit à peau de chagrin en termes de moyens et d’effectifs. Au nom de la rentabilité, toute une partie de la population est laissée de côté. La souffrance psychique est bien souvent multifactorielle. Seule la diversité des pratiques et l’accès libre et direct au soin permettent d’y répondre.

    RASSEMBLEMENT
    VENDREDI 10 JUIN 2022 À 13H30
    DEVANT LA PRÉFECTURE DE ROUEN

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